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Rapport du RTE : un « GPS » de la neutralité carbone pour B. Pompili

Au lendemain de la remise du rapport du RTE, proposant des scénarios afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 en France, Barbara Pompili a donné ses retours ce mardi. Loin de s’être prononcée sur le meilleur chemin à prendre, la ministre de la Transition écologique a toutefois retenu les priorités qui en découlent : baisser la consommation d’énergie, par la favorisation de l’électrique et des énergies renouvelables.

Rapport du RTE : un « GPS » de la neutralité carbone pour B. Pompili

Réalisé par le Réseau de transport d’électricité (RTE) à la demande du gouvernement, le rapport Futurs énergétiques 2050 a été remis hier. Il compile ainsi deux ans de travaux, comprenant 40 réunions en compagnie d’experts et des consultations d’experts (ONG, associations, instituts de recherches…) sur l’objectif neutralité carbone, fixée par la France d’ici 2050.

Le document permet « d’abord d’avoir les idées claires » et « d’étayer avec rigueur des décisions qui, pour certaines, nous engagent pour des décennies », selon Barbara Pompili. La ministre de la Transition écologique se prononçait sur le contenu du rapport ce mercredi matin, notamment ses scénarios pour atteindre la neutralité carbone. Le choix du plus approprié revenait à la décision de la ministre.

Baisser la consommation d’énergie globale

L’intéressée a toutefois préféré se concentrer sur les enseignements globaux du rapport, que trancher sur un scénario, afin d’inviter à débat fondé sur la meilleure marche à suivre. Toutefois, la ministre a pu annoncer les grandes lignes chiffrées de sa stratégie.

Premier angle d’attaque abordé par Barbara Pompili : modérer des besoins énergétiques dans les prochaines décennies, en faisant reculer de 40 % environ la consommation globale d’ici 2050. La ministre rappelle notamment les efforts de sobriété énergétique et d’économies d’énergie, déjà engagés par différents secteurs, notamment le bâtiment, éclairé par la RE2020 ou des démarches comme MaPrimeRénov’. « Ces efforts devront être prolongés dans la durée, avec une attention particulière à l’accompagnement des ménages les plus modestes », ajoute Barbara Pompili.

La rupture progressive avec les énergies fossiles, des produits pétroliers et du gaz (représentant deux tiers de notre consommation d’énergie), reste bien évidemment le cheval de bataille du ministère. Et ce, afin d’éviter particulièrement une trop grande dépendance de la France, vis-à-vis de l’importation des ressources.

Miser en partie sur l’électrique

Barbara Pompili poursuit que « dans tous les cas, atteindre la neutralité carbone nécessitera une électrification de nombreux usages : mobilité, chauffage, production d’hydrogène « vert » pour se substituer à des énergies fossiles dans divers usages industriels… » Une croissance des parts de l’électrique de 20 à 60 % est ainsi prévue d’ici 2050 par rapport à 2020, anticipant les demandes dans différents secteurs. Globalement, celle-ci devrait passer de 460 TWh en 2020 à 550 TWh au minimum et à 750 TWh au maximum en 2050.

Une demande potentiellement nourrie par la production décarbonée d’hydrogène, qui bénéficiera de 7 milliards d’investissements d’ici à 2030, car elle offre « des perspectives pour le stockage de l’électricité et l’accroissement de la flexibilité du réseau », selon la ministre. Le parc nucléaire devrait aussi contribuer à la production d’électricité décarbonée, bien que la mise en arrêt de 12 réacteurs soit engagée d’ici 2035. Toutefois, le rapport du RTE, rappelle que sans nucléaire, « des surcoûts importants sur les mécanismes de flexibilité », seront engendrés.

Massifier les énergies renouvelables

Le mix énergétique est en parallèle de mise selon la ministre de la Transition écologique, notamment par l’emploi des énergies renouvelables. Leur massification est « indispensable pour atteindre nos objectifs climatiques et assurer notre sécurité d’approvisionnement », affirme-t-elle.

Des chiffres sur le déploiement des énergies ont été révélés : augmenter de 1 à 2 GW par an le rythme de l’éolien en mer, faire passer à entre 43 GW et 72 GW celui de l’éolien terrestre en 2050 (contre 18 GW aujourd’hui), multiplier par de 7 à 12 les capacités photovoltaïques installées d’ici 2050. Le tout « en évitant notamment une concurrence destructrice avec l’usage agricole des terres, en limitant les impacts en termes d’artificialisation et sur la biodiversité et en s’assurant d’une bonne intégration paysagère », précise Barbara Pompili. Une dynamique dans laquelle le gouvernement s’est d’ailleurs engagé via le plan France Relance, qui prévoit 2,3 milliards d’euros, pour soutenir la filière hydrogène, les filières renouvelables, et l’intégration des systèmes énergétiques.

La ministre n’était pas la seule à réagir positivement au rapport du RTE. Après avoir adressé quelques reproches sur la loi Climat et Résilience, l’association Equilibre des énergies, qui encourage le mix énergétique pour une meilleure transition, fécilite le rapport de ne pas miser que sur l’électrique et privilégier d’autres ressources. Cela permettrait une sortie en douceur des énergies fossiles, pour une meilleure viabilité du plan climatique de la France, tant sur le plus environnementale, qu’économique. Son président, Brice Lalonde déclare : « RTE ouvre enfin le vrai débat de la présidentielle sur l’avenir de la France souveraine et protectrice du climat ».